WALKUPS | Extraits

 

scène 3 Apt. D’Amours

Sensation d’agitation nocturne. Brouillard épais qui endort mes sens comme un anesthésiant : compte à rebours, bourbon, cognac, sommeil profond chargé d’alcool qui tourne dans ma tête… tourne dans ma tête comme une auto qui refuse de démarrer un soir d’automne. Fernando m’a déjà dit : «Au beau grand jour, même les sons brillent.» Dans le brouillard, c’est comme s’ils s’échappaient d’un baril, comme si une éponge m’enveloppait la tête. Je n’ai plus de Coke Diète ni de coton-tiges. Je m’assois, puis je me relève. L’horloge indique 9 h 32.

 


  486, rue Beaubien

Quelque part, il y a une sécheresse, tu la sens sur ta peau. Quelque part, une rivière s’assèche et la vitesse de la lumière ralentit. L’ampoule de ta salle de bain vacille. L’espace d’un instant, les mannes s’y étourdiront, con-fuses, avant de disparaître dans un noir redéfini : un noir subtilisé. Des bruits te frottent les oreilles. Des images flashent sur tes rétines. Où as-tu la tête? Il y a une seconde à peine, tu te regardais dans le miroir en pensant à retourner au lit. Du savon et de l’eau chaude. Si tu écoutais mieux, tu pourrais percevoir le bruissement du corps du voisin qui se retourne dans son lit – de mauvais rêves, sûrement, de ceux dont il est difficile de s’extirper. Tu es bien avancé maintenant, l’intérieur de la pièce n’existe plus. Inutile de penser, dans l’obscurité, à une quelconque date de péremption, encore moins au film Invasion of the Body Snatchers. Je t’entends marmonner, tu ne parviens pas à inhaler le silence. Tu es à bout.

Copyright: Lance Blomgren
Traduction: Elizabeth Robert

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